Day 45 – Histoire du Brésil – partie 2/2

(Pour lire la première partie de cet article, voir Day 10 – Un peu d’histoire…)

Nous sommes en 1825. Le Brésil vient officiellement d’être reconnu indépendant par la communauté internationale. Mais la crise économique guette. En cause, la chute des cours du coton et du sucre, une guerre contre l’Argentine, et l’insatisfaction populaire contre le centralisme administratif.

La situation ne se rétablira qu’en 1840, quand Dom Pedro II, âgé de 15 ans, est sacré empereur. Son règne sera paisible, et l’économie du pays est à nouveau favorable, tractée à présent par les exportations de café. La question de l’abolition de l’esclavage se fait de plus en plus présente, et des petites étapes dans ce sens sont progressivement effectuées jusqu’à l’abolition complète en 1888.

Mais cette décision résolument moderne engendre l’insatisfaction des grands producteurs de café, très dépendants de main d’œuvre peu chère. Sans leur soutien, le régime monarchique ne pourra continuer. Un courant républicain se crée et s’amplifie pour finalement prendre le pouvoir en 1889, lorsque le maréchal Deodoro da Fonseca proclamera la République, avec le soutien de l’armée. Dom Pedro II s’enfuit en France, et le Brésil tourne une page de son histoire.

Fruit de l’alliance entre l’armée et les producteurs de café, cette première république est laïque, autoritaire, et centralisée. La majorité de la population vit directement ou indirectement du café, mais un nouveau cycle économique s’amorce : celui du caoutchouc. Le Brésil est en effet le seul pays où poussent les hévéas, et la demande explose au tournant du XXème siècle.

Mais à partir de 1910, il faut faire face à la concurrence de nouveaux pays producteurs, tant pour le caoutchouc que pour le café. L’insatisfaction populaire grandit, et la crise économique d’après-guerre, puis la crise financière de 1929, aggravent la situation. En 1930, un coup d’Etat soutenu par les militaires va porter Getúlio Vargas  au pouvoir.

Vargas sera un chef d’Etat autoritaire et populiste. On lui doit l’instauration du salaire minimum, les lois du travail, les syndicats, l’école publique obligatoire, mais aussi la censure, la police politique, et la répression. En 1954, l’armée, soutenue par une société brésilienne aspirant à la démocratie, se retournera contre lui et exigera sa démission. Vargas se suicide, mais son influence sur le Brésil moderne restera déterminante pour les années à venir.

Le nouveau président s’appelle Juscelino Kubitschek. Son slogan : 50 années en 5 ans. Il transforme le pays en un gigantesque chantier public, dont le plus important d’entre eux est sans doute la construction de la nouvelle capitale, Brasilia. Si la présidence de JK, comme on le surnomme, est incontestablement une réussite sur le plan du développement, les travaux auront couté cher, et l’Etat est massivement endetté. L’inflation explose, le mécontentement populaire monte, et en 1964, les militaires prennent à nouveau le pouvoir

Pendant 20 ans, le pays va être dirigé par des généraux.  L’économie connaitra une formidable expansion, qualifiée de miracle, jusqu’au choc pétrolier des années 70. En contrepartie, le régime devient de plus en plus autoritaire. La répression est féroce, censure et torture frappent tous ceux qui s’opposent au régime. C’est une période sombre pour le Brésil, que beaucoup encore aujourd’hui cherchent à oublier.

Le retour à la démocratie intervient en 1985, et la préoccupation pour les années à venir sera de lutter contre l’hyperinflation, conséquence de 30 ans d’intervention frénétique de l’Etat  sur l’économie. Celle-ci bat tous les records en 1993, à 2657% par an. Ce n’est qu’en 1998 que le fléau sera éradiqué, sous la présidence de Fernando Henrique Cardoso. Son plan de sauvetage, qui passe par une rigoureuse austérité économique, est couronné de succès. En octobre 1998, il est réélu dès le premier tour.

En l’an 2000, le Brésil célèbre son 500ème anniversaire. La crise économique est surmontée, mais la classe moyenne a été fortement touchée par le plan d’austérité. La croissance diminue, le chômage augmente. En 2002, Lula est élu président de la République, avec 61% des voix. C’est un véritable bouleversement, qui apparait comme la revanche des plus pauvres dans un pays jusque-là dirigé par l’élite. Mais pour gagner, Lula a du montrer qu’il prenait en compte l’économie mondialisée, et certains lui reprochent d’avoir renié ses convictions en continuant d’appliquer les recettes libérales de son prédécesseur. Lula est avant tout pragmatique, et cela ne l’empêche pas de mener un programme ambitieux, en particulier contre la faim et la pauvreté. Cela lui vaudra d’être réélu en 2002. De nombreux scandales politiques ont cependant éclaté lors de son second mandat, et presque tous les membres de son équipe ont été mis en cause lors de plusieurs affaires de corruption et de financement illégal de son parti. Ainsi, c’est le principal moteur du succès de Lula qui est touché : l’image de probité et d’intégrité qu’il véhiculait, et on peut s’attendre à un nouveau bouleversement politique lors des prochaines élections, en 2010.



Trackbacks & Pingbacks

  1. Day 10 - Un peu d’histoire… | Take The Trip ! pingbacked Posted Dimanche, 31 août 2008, 2:46

Comments

  1. Quote

    Eh ben le brésil en a connu des coups d’états

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