Day 38 – Journée de merde

« Un homme averti en vaut deux ».

C’est ce que nous nous disions hier sur la dune du coucher de soleil de Jericoacoara, en réfléchissant aux conséquences d’un ensablement nocturne, d’où personne ne pourrait nous tirer. Nous avons donc pris la sage décision de passer la nuit à Jericoacoara, dans un bar avec Wifi gratuit que Greg venait de découvrir, avant de repartir de bon matin.

So far, so good.

Après une nuit à peine entrecoupée par les questions d’un policier venu nous demander ce que que nous faisions là, garés au milieu de nulle part, nous reprenons vaillamment la route vers 8h20 (belle performance !), direction Parnaiba, ville de l’Etat du Piaui, qui possède le seul et unique delta fluvial de toute l’Amérique du Sud.

« Chouette, ça nous fera une vidéo », pensions-nous.

Première étape : franchir les dunes qui nous séparent de la route ! On a pris l’habitude de conduire sur le sable, on traverse donc toute la plage sans trop de difficultés, jusqu’à arriver au point critique : la dune (vous vous rappelez, celle où on était restés bloqués à l’aller). Nous prenons notre élan, crions très fort… mais restons ensablés à quelques encablures de la descente… dur ! Heureusement, avec l’aide de 4 ou 5 pêcheurs, nous sortons de ce mauvais pas.

Ca commence bien, mais ce n’est que le début.

En cours de route, nous croisons de nombreux animaux sur la route : chiens, bœufs, chevaux, ânes, poulets, et urubus. Tous semblent bien décidés à vouloir passer sous les roues de la voiture, et c’est d’ailleurs ce qui arrivera à un malheureux poulet, qui ne savait pas trop s’il valait mieux aller à gauche ou à droite pour éviter la voiture.

Finalement, le Delta de Parnaiba s’avère fort peu exceptionnel, et c’est un peu déçus que nous regardons l’une de ses nombreuses branches depuis le bar où nous déjeunons.

« Tant pis, allons directement à Barreirinhas, ça nous fera gagner du temps, et au moins ça sera bien ! »

Aussitôt dit, aussitôt fait, nous reprenons la route. Après 100km, on fait une petite pause, histoire que Greg relaie un peu Julien, et c’est reparti. Mais ça ne rate pas, après 40km parfaits, la route est soudain trouée de partout, et bim ! On crève… Il ne manquait plus que ça, on avait presque oublié ce que ça faisait. Dans notre malheur, nous avons de la chance, il y a une borracharia juste à côté, à Sao Bernardo. Et c’est en discutant avec notre réparateur qu’on réalise que ça fait 40 km qu’on est sur une mauvaise route ! Il faut revenir en arrière, et dire qu’en plus on aurait pu éviter de crever.

Julien reprend le volant, et on rattrape le temps perdu : nous voilà à Tutoia, où il nous reste à peine 50 km à faire pour arriver à Barreirinhas ! Cool !

Mais la population locale est formelle, il est impossible d’y arriver par ce chemin avec notre voiture (contrairement aux infos de la carte !). On n’a pas assez d’argent pour y aller en 4×4 et payer une auberge là-bas, on décide donc de dîner, et de repartir là d’où on vient (et oui, ça ne s’invente pas !) pour y accéder par une autre voie plus au sud. Oui oui, il est 19h30, et il nous reste 400 km à faire (on en a déjà fait 450 !). On repasse donc avec émotion à Sao Bernardo (dire qu’on y était 3 heures plus tôt !), en prenant bien soin cette fois d’éviter les trous.

Arrivés à Urbano Santos, il nous reste à peine 70km à faire. 70km de sable… en plein nuit… Et quand on connaît la qualité de la signalisation brésilienne, on se dit qu’on est mal partis. On tourne un peu (c’est-à-dire une heure, pendant laquelle on parvient péniblement à faire 20 km…).

Echaudés par nos exploits passés, nous nous disons sagement que la nuit porte conseil, et nous endormons donc au milieu du sable, à l’entrée de 3 pistes dont on ne sait même pas si au moins l’une d’entre elle pourra nous mener à destination.

Le lendemain, des motards nous confirment ce qu’on craignait, impossible d’atteindre Barreirinhas par ce chemin là ! Devinez quoi : encore 170 km inutiles à rebrousser ! On en a marre, mais bon, on se dit que c’est dans la lignée de la veille… Nous prenons alors une grande décision : contents de ne pas être restés ensablés, mais passablement énervés d’avoir parcouru 400 km et perdu une journée pour rien, nous nous rendons directement à Sao Luis, d’où nous atteindrons Barreirinhas, coûte que coûte !

A bientôt pour de nouvelles aventures !



Comments

  1. Quote

    Eh ben les ensablemens s’enchaîne au moins en France vous saurez comment faire si vous vous embourbez vous aurez eu l’habitude au brésil :D

  2. Quote

    C’est tt ce que vous meritez apres nous avoir nargue avec vos videos de plage, de dauphins et de planch a voile…
    le bon dieu vous a puni!

  3. Quote

    Un bon conseil: offrez-vous la vidéo de « Dune » et repassez-vous la en boucle, jusqu’à plus soif! Après ça, vous serez blindés!
    Côté aventures, vous êtes servis! Vous avez une véritable âme de pionniers.
    Mais, si vous pouviez, avant de partir, vous introduire subrepticement dans une école de samba et filmer un tantinet, ce serait tellement chouette…
    Bon courage pour la suite de vos aventures fantastiques, mais essayez de rentrer entiers…

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